lundi 4 février 2008

Dame de France et féminisme : le dilemne

Non, Madame Sarkozy, n'abandonnez pas la musique ! Je sens que les mois à venir vont être une solide opportunité de tester mon féminisme. Cette madame Carla Bruni, euh, Carla Sarkozy (quelle idée, bon passons) risque d'ébranler un certain nombre de mes convictions. Passe encore que la Dame ait jusqu'ici gagné sa vie en vendant sa silhouette quasi-anorexique et a priori un peu remaniée par la chirurgie (voir, une série de photos dans un blog sur lequel je suis tombé à plus d'heures et que je vais bientôt référencer dès que je l'aurai retrouvé).
Le féministe que je suis fait la moue mais pense que la bataille contre l'industrie de la haute-couture n'est pas prioritaire, disons que la femme Africaine (ou pas) qui est dans le métro à cinq heures du matin pour aller nettoyer les bureux mérite au moins nos pensées si ce n'est nos luttes --à un âge où l'on descend moins volontiers dans la rue (mais on a donné, ah, ça oui !). Elle s'était un peu rabiboché avec ma conscience en sortant un premier album que je ne trouvais pas nul du tout, une bonne façon de réconcilier chansonnette et l'air de ne pas y toucher (c'est sûr, on n'avait vraiment rien vu venir !)... De plus, elle s'était prononcée contre les tests ADN pour les étrangers, ce qui lui a valu notre sympathie... C'était il y a des siècles...
La Dame donc, joue de la guitare, compose, chante. Pour autant, pourra-t-elle continuer de se produire en concert ? Devra-t-elle écourter les dîners barbants afin de pouvoir poursuivre son art ? (voir, le billet précédent) ?
Pièces jaunes, hôpitaux, malades, mourants, orphelins de la police, dictateurs à recevoir, de telles obligations sont de nature à tarir le plus sûr des talents. Ne soyez donc pas de celles-là ! Vivez votre vie ! Chantez, dansez !
Le contribuable que je suis se réveille alors, empreint de ses contradictions : peut-on vivre dans les palais de la République et ne pas payer son obole ? Tu l'a voulu, tu l'as eu ! dit le peuple !
Je rêve... finalement, ce qui gêne dans la prise de décision, c'est le choix de Président qu'a fait la belle... Je rêve... Je rêve par exemple de la Présidence de Vaclav Havel en Tchékoslovaquie... Je ne me souviens de qui était sa femme ni même si une Carla guitariste auteur-interprète l'aurait comblé mais... cohérence cela aurait présenté.
Ici et maintenant, Nicolas et Carla, plus difficile. On se dit que pour mériter les montres, les avions, les palais, les photographes, les soirées officielles, le pouvoir, il va falloir travailler dur. Se taper la misère du monde chaque jour, oublier les concerts et se dévouer aux hôpitaux, aux rescapés des naufrages en mer, des accidentes de la route, des coulées de boue et des fusillades. Il va falloir la mériter cette sérénité qui donne envie de fredonner.

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