mercredi 6 février 2008

Le Sarkozysme, c'est ch..., alors mentons aux sondeurs !

Nicolas Sarkozy aurait envoyé à un sms à Cecilia une semaine avant son mariage. Dixit, Le Nouvel Observateur. Certains commentaires sur le site s'insurgent contre une "info" peut-être manipulée, en tout cas, du niveau de la presse de caniveau.
Sûr, l'info est très en dessous de la ceinture, mais apparemment à l'Elysée, c'est là que ça se passe. C'est donc le boulot de la presse de nous informer, au même titre que des réformes en cours, de la politique étrangère etc... C'est comme ça, c'est la nouvelle Présidence, une nouvelle vie, en quelque sorte. Vraie ou fausse, on croit l'info sans peine. Après le coup de la bague et de Petra --qui suffisaient amplement à démontrer que l'affect cloche du côté de l'Elysée, pourquoi pas ? On s'en fout, mais on ne s'étonne plus. C'est ça qui devient rapidement très ch... avec le Sarkozysme, c'est la compulsion de répétition. Vous verrez que ce genre d'info, il y a en aura au moins une par mois. Voire deux ou trois.
A craindre vraiment, le désamour d'avec les Français ! Le retour de bâton sera terrible. Alors, Français, protégez-vous ! Mentez aux sondeurs ! 98% d'opinions favorables et nous voilà tranquilles !
Plus fort encore, prendre les leçons directement auprès de la Présidence : une semaine à 12 % d'opinions favorables, la semaine suivante à 90% ! Là, on s'amuse, on sait qu'on bouge encore ! Engageons une vraie guerre des nerfs avec l'Elysée ! En plus, c'est facile. Allez, répétons : une semaine oui, une semaine, non, une semaine oui, une semaine non... Ennuyeux ?

lundi 4 février 2008

Blogger le Sarkozysme : je continue

Je continue à blogger le Sarkozysme. Ce sera où je veux, et quand je veux. Après tout, je suis à bonne école. Et puis, blogger le Sarkozysme, c'est drôle. Cela demande peu d'efforts quoi que beaucoup de réactivité. J'avais laissé tomber pendant un mois et demi, dans le temps sarkozien, cela équivaut à une éternité. Me voilà largué, à la traîne de dizaines de fort bons blogs qui, les courageux, ont suivi, parfois brillamment. Moi je m'amuse, c'est facile vous dis-je...

Dame de France et féminisme : le dilemne

Non, Madame Sarkozy, n'abandonnez pas la musique ! Je sens que les mois à venir vont être une solide opportunité de tester mon féminisme. Cette madame Carla Bruni, euh, Carla Sarkozy (quelle idée, bon passons) risque d'ébranler un certain nombre de mes convictions. Passe encore que la Dame ait jusqu'ici gagné sa vie en vendant sa silhouette quasi-anorexique et a priori un peu remaniée par la chirurgie (voir, une série de photos dans un blog sur lequel je suis tombé à plus d'heures et que je vais bientôt référencer dès que je l'aurai retrouvé).
Le féministe que je suis fait la moue mais pense que la bataille contre l'industrie de la haute-couture n'est pas prioritaire, disons que la femme Africaine (ou pas) qui est dans le métro à cinq heures du matin pour aller nettoyer les bureux mérite au moins nos pensées si ce n'est nos luttes --à un âge où l'on descend moins volontiers dans la rue (mais on a donné, ah, ça oui !). Elle s'était un peu rabiboché avec ma conscience en sortant un premier album que je ne trouvais pas nul du tout, une bonne façon de réconcilier chansonnette et l'air de ne pas y toucher (c'est sûr, on n'avait vraiment rien vu venir !)... De plus, elle s'était prononcée contre les tests ADN pour les étrangers, ce qui lui a valu notre sympathie... C'était il y a des siècles...
La Dame donc, joue de la guitare, compose, chante. Pour autant, pourra-t-elle continuer de se produire en concert ? Devra-t-elle écourter les dîners barbants afin de pouvoir poursuivre son art ? (voir, le billet précédent) ?
Pièces jaunes, hôpitaux, malades, mourants, orphelins de la police, dictateurs à recevoir, de telles obligations sont de nature à tarir le plus sûr des talents. Ne soyez donc pas de celles-là ! Vivez votre vie ! Chantez, dansez !
Le contribuable que je suis se réveille alors, empreint de ses contradictions : peut-on vivre dans les palais de la République et ne pas payer son obole ? Tu l'a voulu, tu l'as eu ! dit le peuple !
Je rêve... finalement, ce qui gêne dans la prise de décision, c'est le choix de Président qu'a fait la belle... Je rêve... Je rêve par exemple de la Présidence de Vaclav Havel en Tchékoslovaquie... Je ne me souviens de qui était sa femme ni même si une Carla guitariste auteur-interprète l'aurait comblé mais... cohérence cela aurait présenté.
Ici et maintenant, Nicolas et Carla, plus difficile. On se dit que pour mériter les montres, les avions, les palais, les photographes, les soirées officielles, le pouvoir, il va falloir travailler dur. Se taper la misère du monde chaque jour, oublier les concerts et se dévouer aux hôpitaux, aux rescapés des naufrages en mer, des accidentes de la route, des coulées de boue et des fusillades. Il va falloir la mériter cette sérénité qui donne envie de fredonner.

dimanche 3 février 2008

La Première Dame de France : en avoir pour son argent

La première dame de France (faut-il les majuscules à tous les mots --tous les maux, ah ?) se propose de poursuivre carrière, du moins jusqu'à la sortie de son prochain album.
On imagine sans peine la délicate quadrature du cercle qu'il faudra résoudre pour produire la femme du Président en concert --ce sera quoi, 500 CRS autour de la scène ?
On imagine la femme du Président vantant la qualité de sa musique sur les plateaux de télévision : je paie la redevance pour que la femme du Président vienne faire sa promo ?
Les droits d'auteur iront-ils à une association caritative (voire même à l'Antenne pour l'Emploi qui, datant d'à peine deux ans, va être supprimée à Sevran, en Seine-Saint-Denis ?), ou serviront-ils enfin à payer les vacances ?
Un concert sera-t-il annulé en raison d'un voyage officiel à l'étranger ? ou d'un coup d'Etat dans un pays Africain dont le monde se fiche éperdument ? Qui dédommagera l'organisateur ? L'Etat ?
Quand le Président recevra des hôtes de marque seul, en voudrons-nous à la Belle d'être dans le salon d'à côté en train de composer des mélodies, ou exigerons-nous d'elle qu'elle sacrifie son art pour l'Etat ? Sera-t-elle tenue à un petit air de guitare pour égayer l'atmosphère lors d'une prochaine visite d'un clone de Kadhafi ?
Une fois de plus, on nous demandera d'être larges d'esprit, résolument modernes. De ne pas s'en tenir à des préoccupations aussi mesquines que "qui paie quoi" ? "qui fait quoi" ? Première dame de France quand la tâche est agréable, musicienne quand c'est moins drôle ? Couple moderne quand il s'agit de nous éblouir de cette modernité de pacotille , donneurs de leçons sur un "projet de civilisation", lancé par celui-là même dont l'existence semble se borner au pouvoir, à l'argent et au sexe, c'est-à-dire à des pulsions aussi vieilles que le monde ?
L'avenir s'annonce croquignolet.

Mariage Sarkozy-Bruni : une fête au pavillon de la Lanterne ou le potlatch ?

Passons sur le projet de fête de mariage au pavillon de la Lanterne. S'ils ne sont pas complètement idiots au sein de l'équipe gouvernementale, ils auront déjà abandonné le funeste projet dont on pressent que les économies faites par le Président seront compensées par les pertes futures pour les caisses de l'UMP au lendemain de la probable lessivée aux municipales. En effet, ce qui est triste pour Nicolas, c'est que chaque sortie de Carla risque désormais de lui coûter des points dans les sondages --enfin, on verra.
Ce monsieur étant déclaré radin par Cécilia (c'est elle qui le dit, elle doit savoir), ce qui serait vraiment un très beau cadeau pour Carla serait que son Président de mari se fende enfin de quelques millions d'euros pour lui offrir une fête de mariage. Si, si : un vrai cadeau déboursé de sa poche en échange d'aucun bien matériel. Pas une montre, ni une voiture, ni une bague, non, un cadeau purement somptuaire, gratuit, fou, de l'argent sîtôt parti en fumée ! Un potlatch quoi ! Le château ne serait pas prêté par un ami milliardaire et la fête n'aurait pas lieu dans une résidence de l'Etat ("Viens chérie, je t'offre une soirée dans mon bungalow de vacances que j'ai pu réserver par le comité d'entreprise. Tu sais, je dirige la plus grosse entreprise de France !"). Le traiteur serait payé par ses soins. Fou, follement républicain, les factures seraient dûment comptabilisées et communiquées à la presse. Alors, nous serions fiers de la magnificience du Prince...
Dites alors que cela nous fera percevoir comme un peuple tâtillon et peu moderne. C'est vrai, mais à force de nous le répéter...
Allez, cessons la guéguerre, mettez-le aux frais de la Princesse !

Mariage Sarkozy-Bruni : qualité des témoins

Nicolas Bazire ? Oh que c'est gai ! Mme Agostinelli, directrice de Prada, amie de l'ex et témoin du mariage-dans-les-trois mois ? Je crie Prada ! le couturier du mauvais goût, le couturier de la trahison !

Mariage Sarkozy-Bruni : douce vengeance

Plus les temps sont durs, plus on devient bête et mesquin. Je ne fais pas exception à la règle : quelle douce musique que de savoir Nicolas Sarkozy et Carla Bruni mariés dans la plus stricte intimité, un samedi matin gris et pluvieux. L'est où la noce de milliardaire, les mariés acclamés par la foule, le peuple attendri devant le bonheur du premier des leurs ? Qui trop embrasse...

Ouvriers allemands ou ouvriers chinois : choisir son camp ?

Les ouvriers allemands parviendront-ils à montrer l'exemple ? D'autant que nos voisins d'Outre-Rhin, comme on dit, ont une réputation de sérieux, qu'il serait suspect de remettre en cause juste pour la circonstance. Selon Le Monde de ce weekend (3-4 février 2008), la revendication moyenne porte sur 8% d'augmentation des salaires, jusqu'à 12 % ! On croit rêver. Ici, des revendications à 2,5%, c'est le bout du monde, un signe de goinfrerie et d'égoïsme caractérisé, une attaque en règle contre notre capitalisme national qui fait ce qu'il peut, notre patronat travailleur et inventif, etc. Sûr que les Allemands paient moins de charges sociales qu'ici, et patati et patata, allez, cela vaut-il vraiment la peine de poursuivre... A bon entendeur...

Blogger le Sarkozysme : j'arrête.

J'arrête de blogguer/blogger le sarkozysme. Mon but a été atteint, bien malgré moi : Sarkozy est passé chez les psys. Pour ceux qui hantent le Net, ou qui ont acheté des numéros récents du Nouvel Obs, Libération, etc, la messe est dite, à mon entière satisfaction. Sûr, je me promets d'en faire un résumé circonstancié avec citations et liens à l'appui, mais le temps est compté, je ne sais pas si j'aboutirai. Sarko "pervers narcissique" pour Jean-Pierre Winter (à moins que ce ne soit Serge Hefez --mon Dieu la littérature est si abondante !), personnalité immature pour d'autres, n'en jetez plus ! Le plus triste, c'est qu'ils ont parfaitement raison.
Je subodorai tout cela, déjà un quelque chose qui ne passait pas dans les émeutes de ... ?... de quand déjà, 2003, 2005 ? : le bonhomme était beaucoup trop à son affaire.
Lors de cette campagne présidentielle qui ne réussit jamais à m'intéresser sauf dans la dernière semaine (un pur agenda de droite d'un côté et une passionara n'ayant jamais prononcé le mot "classe" en tailleur blanc et scandant "aimons-nous" les bras tendus vers la foule, oh, quelle indécence !), je ne me suis réveillé qu'au moment de l'invocation de Blum et Jaurès dans le discours du représentant du Medef. Là déjà, la messe était dite : ratisser du côté de la gauche ouvriériste en même temps que du côté des grandes fortunes et du Front National, fallait oser mais c'est bien là le signe du pervers : le pervers ose tout. Plus c'est gros, plus ça passe. Le pervers souffre peu la contradiction, il hausse le ton, se gausse ouvertement de toute critique, renvoit l'adversaire dans ses cordes, enfin des cordes imaginaires faites d'extrêmes irréconciliables ("Préférez-vous que je voyage au frais de mes amis ou aux frais de l'Etat avec deux avions dont un tenu secret pour la deuxième famille comme mon prédécesseur ? --Ben, ni l'un ni l'autre, Monsieur le Président. Mais s'il faut vraiment choisir, je préfère la deuxième solution, Monsieur le Président, pardon, je voulais dire, Nicolas !)
Là, il faudrait engager un débat de fond, mais l'homme pressé et pervers ridiculise d'emblée ces finasseries qui sont l'ennemies de l'action et nous voilà donc suppôts de la dépense d'Etat injustifiée et bla bla bla, je me perds.
On se doutait donc bien que Sarkozy n'avait jamais lu une ligne de Jaurès et de Blum et que dans son esprit, il doit s'agir de doux dingues qui ont en leur temps mené la France à la faillite, découragé les formidables entreprises françaises et rendu les ouvriers fainéants et paresseux, ce qu'ils sont encore aujourd'hui.
Ce qui m'amène sans effort au billet suivant, les ouvriers allemands...