mercredi 14 novembre 2007

Sarko et les pêcheurs : un Président en pâte-à-modeler ?

J'ai été profondément choqué des images de la rencontre de Sarkozy avec les marins-pêcheurs du Guilvinec.
"Descends, descends de là si tu es un homme !" Mais qu'est-ce qu'il comptait faire au juste, Nicolas ? Régler la querelle entre hommes, là, au pied de l'immeuble. Alors la foule s'écarterait, respectueuse...
Simulacre d'affrontement par un président entouré de sa garde prétorienne, fanfaronnade vide de sens pour un homme qui ne risque rien, sûr de lui et de sa puissance.
Le peuple alors rendu vulgaire parce que c'est l'homme du monde qui montre ses facultés d'adaptation, le Président à son affaire, souple, malléable, endossant l'habit de circonstance au fil des rencontres, managérial avec les élus locaux, compatissant avec les handicappés, partageant la culture du peuple avec Johnny et Mireille, vacancier actif dans un luxe digne de son rang et de cette modernité qu'on accepte mal, petit Roi de France avec le Président du Tchad, coupant et moralisateur avec la France fauchée qui se lève tard, admiratif de la richesse et de la performance... En une journée.
L'homme pâte-à-modeler, se faisant et se défaisant sans complexes... Un homme Play-doh, bleu, rouge, vert, jaune, les bras qui poussent, qui se rétractent, qui se nouent, qui grandit, raccourcit, gonfle... se replie, se ratatine, retourne dans sa boîte. Série américaine estampillée NYPD un jour, dessin animé pour les 4-5 ans aujourd'hui le lendemain, voire, le jour-même.
Sans vergogne, l'homme-Président a feint de prendre un risque qu'il n'a jamais couru, mais n'a pas négligé d'en faire prendre un à l'autre :
J'ai eu peur pour le marin-pêcheur... Qu'il perde ses nerfs, qu'il descende, qu'il ait le temps de lui en coller une, qu'il disparaisse sous les corps et les matraques des CRS, j'imaginais le procès, l'emprisonnement... Le pansement sur l'arcade-sourcillière du Président, la victimologie... Saint-Sarkozy, habité et martyre d'un peuple incompréhensif.
Mais Sarkozy lui, n'a pas eu peur... La douce ritournelle, les mots rassurants : "Je n'ai pas peur, je n'ai pas peur..."

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